Suicide : une brève intervention peut empêcher une récidive (étude)


ZURICH - Même de brèves interventions après une tentative de suicide réduisent significativement le risque d'une nouvelle tentative. Une étude internationale dirigée par l'Université de Zurich montre que ce type de mesures diminue de 28% le risque de récidive.

Une équipe dirigée par des psychologues de l'Université de Zurich a analysé l'efficacité de brèves interventions et contacts pour prévenir une nouvelle tentative chez des personnes qui avaient tenté de s'ôter la vie. Les résultats montrent qu'une conversation peut faire la différence, souligne mardi la haute école.

"Une seule séance structurée peut être efficace", déclare Stephanie Homan, première auteure de l'étude, citée dans un communiqué. Des interventions brèves sont particulièrement pertinentes dans les services d’urgence, dans les services psychiatriques ou en consultation externe - soit des contextes où le personnel et les ressources financières sont limités.


Méta-analyse internationale

Dans le cadre d'une méta-analyse, les chercheurs ont compilé les données de 33 études sur une période allant de 1993 à 2025. Les données portaient sur un total d’environ 9500 participants adultes d’Europe, d’Amérique, d’Asie, du Moyen-Orient, d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

Les résultats, publiés dans la revue spécialisée "eClinicalMedicine", révèlent que les personnes ayant bénéficié d’une intervention brève avaient 28% moins de risque de refaire une tentative de suicide que celles qui n’avaient reçu que des soins médicaux habituels. En moyenne, les participants ont bénéficié d’observations de suivi sur une période d’environ 10 mois.

Les pensées suicidaires ont aussi diminué. Cet effet était particulièrement évident dans les premiers mois suivant l’intervention, puis a diminué avec le temps.

Un tiers de suivis

Les traitements psychothérapeutiques conventionnels sont souvent chronophages et s'accompagnent de longs délais d'attente. Seul un tiers environ des personnes concernées bénéficie d'un traitement ambulatoire de suivi après une tentative de suicide, selon l'étude.

C'est là qu'interviennent les interventions brèves et les contacts: des mesures structurées pour une période limitée immédiatement après un acte suicidaire. Parmi elles figurent l'élaboration de plans de sécurité pour les situations de crise, de brefs entretiens psychothérapeutiques, des appels téléphoniques ou des contacts écrits comme une carte postale.

Si ces mesures sont adaptées, par exemple, après un traitement d’urgence ou la sortie d’un patient de l’hôpital, elles ne remplacent pas des thérapies plus intensives, soulignent les auteurs. Mais elles peuvent fournir un soutien initial et rapidement disponible et faire partie intégrante de stratégies de prévention.

Le 17 mars 2026. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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