Mises à jour médicales - semaine 10/2019

Retrouvez ici les informations médicales de la semaine à retenir en fonction des dernières études scientifiques, communications officielles et congrès médicaux, article créé en partenariat avec Creapharma.ch.

SEMAINE 10/2019 (mise à jour le 14 mars 2019)

7 mars 2019

Nouveau traitement contre la dépression (dérivé de la kétamine)
Pour la première fois en plus de 30 ans, un nouveau traitement contre la dépression a été approuvé aux Etats-Unis par la FDA, l’agence de régulation des médicaments. La molécule active est l’eskétamine (en anglais : esketamin), un dérivé de la kétamine, et porte le nom commercial de Spravato® (commercialisé par Janssen Pharmaceuticals, qui appartient à Johnson & Johnson). Il s’agit d’un spray nasal pour les patients chez qui d’autres antidépresseurs ne sont pas ou plus efficaces. Toutefois, il ne peut être pris que sous surveillance médicale stricte. L’eskétamine est administré par voie intranasale et absorbé dans la circulation sanguine par la muqueuse nasale.

L’eskétamine est étroitement lié à la kétamine, un anesthésique, qui est aussi utilisée pour son effet hallucinogène lors de fêtes. Il est connu dans le milieu de la nuit comme “Special K”. Contrairement aux antidépresseurs traditionnels, l’eskétamine a un début d’action rapide de l’ordre de quelques heures et un mécanisme d’action différent. Pour prévenir l’abus du Spravato®, les patients doivent prendre le médicament dans le cabinet d’un médecin ou dans un établissement médical et ne sont pas autorisés à le prendre chez soi. Les antidépresseurs classiques actuellement sur le marché comme la fluoxétine (le fameux Prozac®) agissent sur les neurotransmetteurs comme la sérotonine, mais la plupart de ces médicaments prennent au moins quatre semaines pour produire un effet et ne sont pas suffisamment efficaces chez environ 30 à 40 % des patients souffrant de dépression grave. Dans un essai clinique cité par le New York Times, l’intérêt du Spravato® semble principalement efficace pour diminuer le taux de rechutes. Une étude portant sur la récidive a montré qu’après avoir pris le Spravato®, environ 25% ont rechuté (dépression à nouveau) contre 45% chez les participants ayant pris un placebo.

Une étude publiée online le 5 décembre 2017 dans le journal scientifique American Journal of Psychiatry (DOI : 10.1176/appi.ajp.2017.17060647) a montré que la kétamine permettait de diminuer les pensées suicidaires. Des antidépresseurs classiques peuvent aussi diminuer les pensées suicidaires mais ils mettent souvent plusieurs semaines avant d’agir, c’est pourquoi la kétamine semble être une alternative intéressante.

[avec des informations de l’ATS et Pharmapro.ch, site partenaire, ainsi que du New York Times et de Pharmawik.ch]
Plus d’informations sur les antidépresseurs

Statines et risque de diabète
Selon une étude publiée le 4 mars 2019 dans le journal scientifique British Journal of Clinical Pharmacology (DOI : 10.1111/bcp.13898), les personnes qui prennent des statines peuvent présenter un risque plus élevé d’hyperglycémie, d’insulinorésistance et éventuellement de diabète de type 2. L’analyse a porté sur 9’535 personnes âgées de plus de 45 ans qui n’étaient pas atteintes de diabète au début de l’étude dite de Rotterdam et qui ont été suivies jusqu’à une période de 15 ans. Comparativement aux participants qui n’ont jamais pris de statines, ceux qui en prenaient avaient tendance à avoir des concentrations sériques plus élevées d’insuline à jeun et d’insulinorésistance.

Les participants qui avaient déjà pris des statines présentaient un risque 38 % plus élevé de développer un diabète de type 2 au cours de l’étude. Ce risque était plus important chez les personnes présentant une altération de l’équilibre glycémique et chez les personnes en surpoids ou obèses.
Plus d’informations sur les effets secondaires des statines

5 mars 2019

SIDA / VIH
Pour la deuxième fois dans le monde, un patient séropositif est exempt de virus après une greffe de cellules souches. Le cas a été documenté dans le journal scientifique Nature. Il reste toutefois peu probable que la transplantation de moelle osseuse, qui semble avoir permis la guérison de ce patient, puisse être une option de traitement réaliste notamment en terme de coûts pour le futur, comme le relève le New York Times en mars 2019. Les médicaments actuels contre le SIDA, moins chers et moins intrusifs, aident à bien contrôler la maladie. De plus, la transplantation de moelle osseuse peut mener à de graves effets secondaires qui peuvent durer des années. Ce patient atteint du SIDA, dit “patient de Londres”, souffrait d’un lymphome de Hodgkin et a reçu en 2016 une transplantation de moelle osseuse d’un donneur avec une mutation CCR5 (une protéine qui se trouve à la superficie des cellules immunitaires). Le “patient de Londres” a aussi reçu des médicaments immunosuppresseurs. En septembre 2017 il a arrêté de prendre ses médicaments contre le SIDA pour devenir la 2ème personne (après Timothy Ray Brown, dit “patient de Berlin”) à devenir séronégatif (absence du VIH dans l’organisme) pendant plus d’une année après l’interruption du traitement.
Lire le dossier complet sur le SIDA avec notamment l’historique de la maladie

1er mars 2019

Diabète de type 2 et plantes
La consommation d’aliments à base de plantes améliorent la sécrétion d’insuline et augmente cette sécrétion chez les personnes atteintes de diabète de type 2. C’est ce que révèle une nouvelle recherche publiée le 27 février 2019 dans le journal Nutrients (DOI : 10.3390/nu11030486). Le régime végétarien favoriserait la sécrétion d’hormones incrémentielles, ce qui amplifie la libération d’insuline. Par ailleurs, le repas à base de plantes aide à préserver la capacité des cellules bêta à produire de l’insuline, ce qui est essentiel dans le traitement du diabète.
Plus d’informations sur cette étude

1er mars 2019

Epidémie d’overdose d’opiacés aux Etats-Unis (crise des opioïdes)
Chaque année aux Etats-Unis presque 50’000 personnes meurent d’overdose aux opiacés (opioïdes, en anglais opioid), comme le rappelle un article de l’hebdomadaire de référence The Economist en février 2019. En 2017, il y a eu 47’600 morts provoqué par une overdose d’opiacé aux Etats-Unis, 5 fois plus qu’en l’an 2000. Comme on le voit sous l’infographie ci-dessous, cela représente plus de morts que le nombre d’homicides. L’ensemble des décès provoqués par tous les médicaments, incluant les opiacés, est estimé aux Etats-Unis à 70’000 par an, soit plus que le nombre de soldats américains tués pendant toute la guerre du Vietnam (58’000), comme le relève The Economist. Les opiacés sont des substances utilisées en général contre la douleur. Elles provoquent un sentiment d’euphorie et d’anesthésie. Le Fentanyl, un opiacé de synthèse bon marché, est responsable de nombreux cas d’addictions et de décès par overdose. Avec plus de 15 morts par overdose de médicaments pour 100’000 habitants par année aux Etats-Unis, le seuil épidémique est dépassé (il est en général fixé par l’OMS à 10 pour 100’000 habitants). Une origine possible de cette épidémie, souvent avancée par les journalistes et spécialistes, est un certain laxisme des autorités sanitaires américaines comme la FDA dans l’autorisation de mise sur le marché des opiacés. Un autre facteur est l’influence de l’industrie pharmaceutique qui s’est montrée très agressive notamment au début des années 2000 en ciblant notamment de nombreux médecins, par exemple de famille. Les opiacés ont souvent été prescrits à des personnes qui auraient pu être traitées avec des antalgiques classiques comme le paracétamol ou les corticoïdes. Pendant l’année 2012, le nombre de prescriptions d’opiacés aux Etats-Unis s’est élevé à 255 million, selon The Economist.


Lire davantage sur les opiacés

Le 14 mars 2019. Sources : voir sur les liens de Creapharma.ch si les sources ne sont pas mentionnées dans les paragraphes ci-dessus. Crédits photos : Adobe Stock


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