Risque accru de cancer du sein avec les perturbateurs endocriniens

Octobre rose


GENÈVE - Pour ses 25 ans et à l'occasion d'Octobre rose, le Réseau cancer du sein thématise le rôle des perturbateurs endocriniens dans la survenue de ce type de cancer. Objectif: agir sur les facteurs environnementaux, puisque seul 30% des cas s'explique par la génétique.

"Le lien de cause à effet entre perturbateurs endocriniens et cancer du sein est suffisamment fort pour que le principe de précaution s'impose", a déclaré mardi devant les médias la professeure Ariane Giacobino, médecin généticienne à la Clinique des Grangettes, à Genève. Ses travaux ont mis en évidence des modifications épigénétiques en fonction de l'exposition aux perturbateurs endocriniens.

Or ces substances sont partout. Omniprésentes dans les produits de consommation, des produits de nettoyage aux emballages, vêtements, meubles ou encore jouets, elles s'accumulent dans l'environnement. L'exposition durant la grossesse des mères, la petite enfance et la puberté augmente la survenue d'un cancer du sein à l'âge adulte.


Pour un état des lieux

Les travaux de Cathrin Brisken, professeure à l'Institute of Cancer Research, à Londres, et à l'EPFL, aboutissent aux mêmes conclusions. Selon elle, les perturbateurs endocriniens, tel le bisphénol A, agissent sur différents organes au long cours. Ils se dissolvent bien dans les seins, qui sont riches en graisses, a rapporté le professeur Khalil Zaman, médecin responsable du Centre du sein au CHUV et coprésident du Réseau cancer du sein.

Compte tenu de l'augmentation du nombre de femmes touchées par un cancer du sein et du fait que 25% d'entre elles ont moins de 50 ans, le Réseau cancer du sein souhaite un état des lieux des types de produits soupçonnés de favoriser ce cancer et les cancers hormono-dépendants, ainsi que la mise en place de mesures de précaution. Il demande aussi de favoriser la recherche dans ce domaine.

Prévention dès l'enfance

Face à ce problème, les Villes de Genève et de Lausanne ont publié en 2023 un guide pratique. Après une partie théorique, la brochure donne des conseils pour éviter les perturbateurs endocriniens dans sa vie quotidienne, de la cuisine à la chambre à coucher et à la salle de bain. Elle établit aussi une liste de critères pour ses achats.

"La Ville de Genève veut agir sur la prévention dès le plus jeune âge par le biais de son service de la petite enfance", a fait savoir la maire Christina Kitsos, en charge du département de la cohésion sociale et de la petite enfance. Un projet a ainsi été mené dans une crèche municipale pour identifier les sources de perturbateurs endocriniens et diminuer les risques.

Selon Mme Kitsos, l'étape suivante concernera les écoles et restaurants scolaires. Par ailleurs, un travail est en cours pour revoir les cahiers des charges d'appels d'offres de l'administration municipale afin d'introduire des critères visant à limiter les perturbateurs endocriniens. Et les chefs-lieux genevois et vaudois lanceront au printemps une charte "Ville sans perturbateurs endocriniens".

Evénements en octobre

Le rôle de l'environnement et des perturbateurs endocriniens sera abordé lors d'une table ronde et d'un colloque aux Hôpitaux universitaires de Genève, dans le cadre d'Octobre rose. Le Jet d'eau sera illuminé en rose le 1er octobre et plusieurs événements sont organisés en Suisse romande tout au long du mois international du cancer du sein.

Le Réseau cancer du sein est une plateforme d'expertise qui regroupe 33 institutions romandes actives contre le cancer du sein et pour l'accompagnement des personnes touchées. Il fait partie de l'Association Savoir Patient (ASAP) qui développe des synergies entre les patients, les professionnels de terrain et les chercheurs afin de promouvoir l'amélioration des soins et de la qualité de vie.

Le 22 septembre 2026. Source: Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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