Erreur de diagnostic : un médecin valaisan condamné à verser 100'000 francs
LAUSANNE - Un médecin valaisan a été déclaré coupable de lésions corporelles graves par négligence et condamné à une peine pécuniaire avec sursis, a confirmé le Tribunal fédéral. Le docteur, qui n'avait pas détecté une rupture d'anévrisme, devra verser 100'000 francs de tort moral à sa patiente, restée lourdement handicapée.
![]() |
Un week-end de mai 2017, une jeune femme a commencé de souffrir de maux de tête très violents, qui se différenciaient des migraines dont elle avait l'habitude. Après s'être tournée le lundi vers le médecin de garde, qui lui a prescrit de simples anti-douleurs, elle avait contacté le mardi son médecin de famille, qui lui a dit de le recontacter si les douleurs persistaient.
Le jeudi, la jeune femme s'est rendue au cabinet de son médecin de famille pour une consultation d'urgence. Ses maux de tête n'avaient pas discontinué malgré la prise d'anti-douleurs et d'anti-inflammatoires.
Le médecin de famille, en apprenant qu'elle s'était tapé la tête contre un placard le jour où les maux de tête avaient débuté, avait attribué ses douleurs à un coup du lapin. Il lui a prescrit un CT-scan, et non un IRM, car la patiente était claustrophobe.
Le CT-scan, passé le lendemain, n'avait rien détecté d'anormal. Deux jours plus tard, la jeune femme a été victime d'une rupture d'anévrisme, qui l'a laissée lourdement handicapée, tant physiquement que sur le plan cognitif. Elle vit depuis 2017 dans un foyer accueillant des victimes de lésions cérébrales et ne retourne chez elle que le week-end.
CT-scan avec produit de contraste
Les juges cantonaux ont retenu que le médecin avait posé un diagnostic différentiel trop étroit : en se concentrant sur des douleurs consécutives à un coup, il a écarté la possibilité d'une rupture d'anévrisme, que les symptômes de maux de tête soudains et violents pouvaient suggérer. Il aurait ainsi dû prescrire un CT-scan avec produits de contraste, qui aurait permis de déceler la rupture d'anévrisme.
La Cour cantonale a également condamné le médecin à verser des indemnités pour tort moral au mari de la jeune femme, à hauteur de 50'000 francs, ainsi qu'à sa fille, âgée de deux mois au moment des faits, pour 35'000 francs.
Le Tribunal confirme le jugement sur toute la ligne : le médecin obtient toutefois gain de cause sur le montant des jours amendes. Condamné à une peine pécuniaire avec sursis de 45 jours-amende à 230 francs le jour par les juges cantonaux, il voit le montant du jour-amende réduit à 55 francs le jour par les juges fédéraux.
Le 15 juillet 2026. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).
