Les bactéries usent du cyanure pour résister au système immunitaire (étude)
FRIBROUG - Cette bactérie porte le nom savant de Pseudomonas Aeruginosa. Particulièrement résistante aux antibiotiques, elle est une des causes majeures d'infections nosocomiales. Des chercheurs de l'Université de Fribourg (Unifr) ont découvert que cette bactérie utilise le cyanure d'hydrogène pour affaiblir la réponse immunitaire de l'organisme qu'elle infecte.
"Nos résultats révèlent que le cyanure d'hydrogène n'est pas simplement un sous-produit toxique du métabolisme bactérien, mais un véritable facteur de virulence qui aide les bactéries à résister aux attaques du système immunitaire", explique le professeur Csaba Szabo, cité dans le communiqué de l'Unifr, publié jeudi.
Pour arriver à ce constat, l'équipe fribourgeoise de scientifiques a désactivé génétiquement sur les bactéries la production de cyanure. Les chercheurs ont alors constaté que les bactéries ainsi privées de leur cyanure étaient devenues nettement plus vulnérables à la destruction par les grands globules blancs que sont les macrophages.
Des expériences ont été réalisées sur des modèles animaux. Les bactéries déficientes en cyanure ont été éliminées beaucoup plus efficacement, entraînant une réduction substantielle de la charge bactérienne dans les tissus infectés, souligne l'alma mater fribourgeoise.
Les scientifiques ont également montré que des composés capables de neutraliser le cyanure, notamment des dérivés de la vitamine B12, augmentaient la capacité des cellules immunitaires à éliminer les bactéries.
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Promesses de thérapies innovantes
Ces travaux ouvrent la voie à des approches thérapeutiques nouvelles visant à lutter contre des infections bactériennes difficiles à traiter jusqu'à présent.
Pseudomonas Aeruginosa est un agent pathogène particulièrement important, car il provoque fréquemment des infections graves chez les personnes hospitalisées ou immunodéprimées, rappelle l'Unifr. Il a notamment développé une capacité rare de résistance multiple aux antibiotiques.
Plutôt que de tuer directement les bactéries, de futures thérapies fondées sur la neutralisation du cyanure pourraient renforcer les défenses naturelles de l'organisme et améliorer l'élimination des bactéries. De telles approches pourraient compléter les antibiotiques existants.
Cette recherche a été menée par l'Unifr en collaboration avec l'Université de Californie, à San Diego. Elle a fait l'objet d'une publication dans la revue spécialisée "The Journal of Infectious Diseases".
Le 9 juillet 2026. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).
